Jour 6 - une journée a 4800 metres
- Sylvain ARKI
- 27 févr.
- 2 min de lecture
LES MONJES PAKANA
La journée a commencé par les Monjes de Pakana.
Ce sont des formations rocheuses volcaniques qui surgissent du désert comme des silhouettes debout, certaines à plusieurs mètres de hauteur.
Le nom vient de là : les moines.

Salar de Aguas Calientes.
Un salar, c'est un lac salé qui s'est évaporé, laissant une croûte blanche et minérale à la surface. Celui-ci a la particularité d'être alimenté par des sources hydrothermales, c'est-à-dire par de l'eau qui remonte du sous-sol après avoir été chauffée par l'activité volcanique. L'eau qui sourd sous la croûte de sel est brûlante et dangereuse ; on ne s'en approche pas. En surface, ça donne des zones de vapeur légère (lorsqu'il fait frais) et des couleurs minérales inhabituelles, entre le blanc, le roux et l'ocre.

VIGOGNES
Nous avons vu des vigognes. (Ce sont les cousines sauvages des Lamas, qui eux, sont domestiqués et donc pas sauvages - un peu comme nos chèvres).
Elles broutaient tranquillement indifférentes à notre présence.
La vigogne est le plus petit et le plus fin des camélidés des Andes ; sa laine est l'une des plus précieuses au monde. Longtemps chassée quasi jusqu'à l'extinction, l'espèce est aujourd'hui protégée et ses populations se reconstituent lentement.
On en a croisé au bord de la route et selon notre guide, c'est une chance exceptionnelle.
Les flamants roses, eux, étaient visibles au loin sur le salar, petites taches roses dans le blanc, mais trop distants pour une bonne photo.
LE VOLCAN LICANCABUR
Le pique-nique s'est tenu face au Licancabur. Assis dans le désert avec le volcan devant nous, à 5 916 mètres, parfaitement conique, enneigé au sommet. C'est le genre de moment où l'on ne dit pas grand-chose.
C'est là que notre guide nous a raconté la légende.
Pour les Atacameños, les volcans sont des guerriers et les collines sont des femmes. Licancabur, fils du grand volcan Lascar, était éperdument amoureux de la colline Kimal, et elle lui rendait cet amour. Mais son frère Juriques, aussi puissant que lui, tenta de la séduire. Dans un acte de jalousie, Licancabur décapita son frère pour défendre son amour.
Ce qui explique pourquoi le volcan Juriques, juste à côté du Licancabur, a un sommet tronqué et irrégulier là où le Licancabur est parfaitement conique. En langue Kunza, Juriques se traduit par "sans tête".
Lascar, furieux de la dispute entre ses fils, décida de punir tout le monde : il exila la colline Kimal à l'autre bout du désert. Depuis, les deux amants sont séparés par des centaines de kilomètres. Mais chaque solstice d'hiver, au lever du soleil, l'ombre du Licancabur s'allonge suffisamment pour atteindre la colline Kimal. C'est leur seul moment. On dit aussi que le sel blanc du salar d'Atacama vient des larmes que Licancabur a versées depuis leur séparation.
ET HOP ! DANS LEUR CARTABLE
En plus de la question géologique qui nous accompagne depuis plusieurs jours (avec la découverte de la formation des Salar en prime aujourd'hui), il y a aujourd'hui le sujet de la mythologie :
Français : la légende du Licancabur est un exemple parfait de récit mythologique qui explique un phénomène naturel observable. C'est exactement ce que font les mythes grecs que les élèves étudient en 6ème : donner une explication narrative à ce que la science n'expliquait pas encore.





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